Examens de réintégration du permis : procédure, coûts et préparation

DÉTAIL DE L'EXPERTISE

Examens de réintégration du permis : procédure, coûts et préparation

Une interdiction de conduire — juridiquement, la déchéance du droit de conduire — ne prend pas toujours fin à l’expiration de sa durée. Si le juge a subordonné votre réintégration à des examens de réintégration, vous ne récupérez votre permis qu’après avoir réussi ces épreuves. En pratique, cette procédure prend des mois, et c’est précisément pour cette raison que ce point doit déjà être plaidé à l’audience. Vous découvrirez ci-dessous quand les examens de réintégration du permis de conduire sont obligatoires, quelles épreuves existent, ce qu’elles coûtent et comment vous y préparer.

Quand les examens de réintégration du permis sont-ils imposés ?

Le juge peut subordonner la réintégration dans le droit de conduire à un examen théorique, un examen pratique, un examen médical, un examen psychologique ou une formation spécifique (article 38, § 3, de la loi relative à la police de la circulation routière). Depuis le 1er janvier 2026, cette formation peut compléter ou remplacer l’examen théorique et l’examen pratique.

Dans un certain nombre de cas, le juge y est tenu :

  • La récidive. Si vous commettez à nouveau, dans les trois ans d’une condamnation antérieure, l’une des infractions de roulage graves énumérées par la loi — notamment des excès de vitesse importants, des infractions du quatrième degré, l’alcool à partir de 0,35 mg/l, l’état d’ivresse, les drogues, la conduite sans permis ou pendant une déchéance et le délit de fuite —, s’ensuivent une déchéance d’au moins trois mois ainsi que les quatre épreuves (article 38, § 6, de la loi relative à la police de la circulation routière). En cas de nouvelle récidive, le minimum passe à six mois, puis à neuf mois.
  • Les conducteurs novices. Le titulaire d’un permis B depuis moins de deux ans qui est condamné pour une infraction commise avec un véhicule à moteur pouvant entraîner une déchéance (sauf notamment une infraction du deuxième degré) se voit obligatoirement imposer une déchéance et au moins l’examen théorique ou l’examen pratique (article 38, § 5, de la loi relative à la police de la circulation routière).
  • Le concours avec un homicide ou une atteinte à l’intégrité dans le cadre de la circulation. Si vous êtes condamné à la fois pour homicide dans le cadre de la circulation (article 107 ou 107/1 du nouveau Code pénal) et pour certaines infractions de roulage — notamment une infraction du deuxième au quatrième degré, un excès de vitesse, l’alcool à partir de 0,35 mg/l, l’état d’ivresse ou les drogues —, s’ensuivent une déchéance d’au moins trois mois et les quatre épreuves (article 38, § 2, de la loi relative à la police de la circulation routière). Lorsque s’y ajoute une récidive dans les trois ans en matière d’alcool, d’état d’ivresse ou de drogues (article 36 de la même loi), la déchéance est d’au moins un an en cas d’homicide dans le cadre de la circulation et d’au moins six mois en cas d’atteinte à l’intégrité dans le cadre de la circulation (article 218 du nouveau Code pénal). Pour les faits antérieurs au 1er septembre 2026, le régime en vigueur à ce moment-là reste applicable, sauf si le nouveau régime est plus favorable (article 2 du Code pénal).
  • Le délit de fuite ayant fait des blessés ou des morts. La réintégration y est subordonnée à l’examen théorique, à l’examen pratique et à l’examen psychologique (article 33, § 2, de la loi relative à la police de la circulation routière). Pour en savoir plus sur cette infraction, consultez notre article sur le délit de fuite.

Dans un nombre limité de cas, les épreuves ne s’appliquent pas, notamment lorsque vous ne remplissez pas les conditions pour obtenir un permis de conduire belge ou en cas de déchéance à vie (article 38, § 8, de la loi relative à la police de la circulation routière).

Les quatre épreuves des examens de réintégration

1. L’examen médical

Un médecin agréé évalue votre aptitude physique à la conduite : vue, capacité de réaction et état neurologique. Lorsque l’alcool ou la drogue étaient en cause, les marqueurs biologiques sanguins sont généralement aussi examinés. Attendez-vous à ce qu’une analyse de sang récente vous soit demandée.

2. L’examen psychologique

Un psychologue agréé évalue votre conscience du risque, votre maîtrise des impulsions et votre compréhension des faits. Cet examen comprend à la fois des tests et un entretien. Celui qui minimise les faits obtient ici un mauvais résultat — un élément que beaucoup sous-estiment.

3. L’examen théorique

Le même examen que pour un premier permis, à présenter dans un centre d’examen agréé de votre région. Vous le réussissez à partir de 41 sur 50. En cas d’échec, vous pouvez le repasser ; les modalités d’une nouvelle tentative varient selon la région et le centre.

4. L’examen pratique

À nouveau l’examen de conduite pratique complet. En pratique, quelques leçons dans une auto-école sont presque toujours indiquées, surtout après une longue période sans conduire.

Quelles épreuves devez-vous présenter ?

En dehors des cas où la loi fixe les épreuves, c’est le juge qui détermine celles que vous devez présenter — pas nécessairement les quatre. Lorsque les faits révèlent un problème d’alcool ou de drogue, ce sont généralement l’examen médical et l’examen psychologique qui sont imposés ; lorsqu’il s’agit du comportement au volant, plutôt l’examen théorique et l’examen pratique. Votre avocat peut demander, de manière motivée, que l’ensemble des épreuves soit limité à ce que les faits justifient réellement. Cela peut vous faire gagner des mois et quelques centaines d’euros.

La déchéance elle-même est souvent discutable, elle aussi. Pour en savoir plus, lisez notre article sur la manière d’éviter ou limiter une interdiction de conduire.

Coût et durée des examens de réintégration

Les frais des examens médical et psychologique, des examens théorique et pratique et de la formation sont à votre charge. Il existe toutefois un allègement important : le juge peut réduire l’amende à concurrence des frais et honoraires des examens de réintégration et de la formation, sans qu’elle puisse être inférieure à un euro (article 29, § 4, de la loi relative à la police de la circulation routière). Seuls les frais de la première participation sont pris en compte. Cela aussi doit être demandé à l’audience.

Comptez un délai de quelques mois : délais d’attente pour obtenir un rendez-vous dans les centres agréés, résultats de laboratoire et éventuelles nouvelles tentatives. Si vous n’entamez les démarches qu’à la fin de l’interdiction de conduire, vous resterez donc encore des mois sans permis. Prenez dès lors vos rendez-vous dès que le jugement est définitif.

Et si vous échouez ?

Une nouvelle tentative est possible ; renseignez-vous auprès du centre sur le délai d’attente et les conditions applicables. Si un centre rend un avis défavorable, demandez-en toujours la motivation. Elle est nécessaire pour contester l’avis ou pour travailler de manière ciblée sur ce qui fait défaut. Tant que vous n’avez pas réussi, vous n’êtes pas réintégré dans votre droit de conduire.

L’obligation peut-elle être contestée ?

Oui, mais uniquement en attaquant le jugement lui-même, et dans le délai. Si vous avez été condamné par défaut, vous pouvez faire opposition dans les 15 jours de la signification ; l’appel doit être interjeté dans les 30 jours du prononcé (pour un jugement par défaut : de la signification). Pour en savoir plus, consultez notre article sur l’opposition et l’appel contre un jugement du tribunal de police.

Dès que le jugement est définitif, l’obligation est acquise et la discussion se déplace vers l’exécution. C’est une raison de plus pour préparer sérieusement l’audience plutôt que de devoir rectifier le tir après coup.

Questions fréquentes

Qui impose les examens de réintégration ?

Uniquement le juge, dans le jugement qui prononce la déchéance du droit de conduire. Un retrait immédiat du permis de conduire après un contrôle est une mesure provisoire et n’entraîne pas, à lui seul, d’examens de réintégration.

Dois-je toujours présenter les quatre épreuves ?

Non. Vous ne présentez que les épreuves mentionnées dans le jugement. Ce n’est que dans les cas prévus par la loi, comme la récidive ou le concours avec un homicide dans le cadre de la circulation, que les quatre épreuves sont obligatoires.

Puis-je conduire à la fin de l’interdiction si je n’ai pas encore réussi ?

Non. Tant que vous n’avez pas réussi toutes les épreuves imposées, vous n’êtes pas réintégré dans votre droit de conduire. Celui qui conduit malgré tout s’expose à de nouvelles poursuites et à de lourdes peines ; voyez notre article sur la conduite sans permis ou pendant une interdiction de conduire.

Qui paie les examens de réintégration ?

Vous les payez vous-même. Le juge peut toutefois réduire l’amende à concurrence des frais de la première participation ; demandez-le expressément à l’audience.

Novex Advocaten vous assiste

À l’audience, nous plaidons pour un ensemble d’épreuves raisonnable, nous demandons la réduction de l’amende à concurrence des frais, et nous vous accompagnons ensuite tout au long de la procédure. Me Mohamed Asfour plaide en néerlandais et en français devant les tribunaux de police de Bruxelles, Hal, Vilvorde, Louvain et Alost notamment, et vous assiste aussi en anglais ou en arabe. Découvrez notre approche sur la page avocat examens de réintégration du permis.

Appelez le 0484 99 22 72 ou écrivez à asfour@novexadvocaten.be.

Rédigé par Me Mohamed Asfour, avocat à Bruxelles (Novex Advocaten). Dernière mise à jour : 3 octobre 2026. En savoir plus sur le cabinet