Éthylotest antidémarrage en Belgique : obligation, coût et défense

Éthylotest antidémarrage en Belgique : à partir de quel taux il est obligatoire, ce que coûte le programme, les véhicules exclus et votre défense.

L’éthylotest antidémarrage est devenu en Belgique un instrument habituel des tribunaux de police, notamment à Bruxelles, Hal, Vilvorde, Louvain et Alost. Celui qui est pris avec une imprégnation alcoolique importante n’y échappe plus guère. La mesure est pourtant moins automatique qu’il n’y paraît, et la préparation de l’audience contribue à déterminer sa sévérité.

Qu’est-ce qu’un éthylotest antidémarrage ?

Un éthylotest antidémarrage est un appareil installé dans le véhicule, qui ne permet au moteur de démarrer qu’après un test de l’haleine ne révélant pas d’alcool. Juridiquement, l’éthylotest antidémarrage est une limitation de la validité de votre permis de conduire : vous ne pouvez plus conduire que des véhicules à moteur équipés d’un tel dispositif. Vous devez en outre suivre un programme d’encadrement auprès d’un organisme agréé (article 37/1, § 1er, lu en combinaison avec l’article 61quinquies, § 3, de la loi relative à la police de la circulation routière).

Quand l’éthylotest antidémarrage est-il possible, et quand est-il obligatoire ?

  • Possible pour toute condamnation du chef d’imprégnation alcoolique (article 34, § 2), d’état d’ivresse (article 35) ou de récidive (article 36), pour une période d’un à trois ans ou à titre définitif. Autrement dit : en principe dès 0,35 mg/l d’air alvéolaire expiré ou 0,8 pour mille, et non à partir de 1,2 pour mille seulement, comme on le pense souvent.
  • En principe obligatoire lorsque l’analyse de l’haleine mesure au moins 0,78 mg/l, ou l’analyse sanguine au moins 1,8 pour mille. Le juge qui n’impose alors pas la mesure doit motiver expressément sa décision.
  • Également obligatoire en principe en cas de récidive au sens de l’article 36 après une condamnation sur la base de l’article 34, § 2, avec un seuil plus bas : l’analyse doit mesurer chaque fois, donc pour les deux faits, au moins 0,50 mg/l, soit 1,2 pour mille.

Cette obligation ne s’applique pas lorsque le juge prononce une déchéance définitive du droit de conduire ou fait application de l’article 42 (déchéance pour inaptitude à conduire). Les seuils applicables dans la circulation sont expliqués dans notre article sur la limite d’alcool au volant en Belgique.

Combien coûte un éthylotest antidémarrage ?

L’installation, la location de l’appareil, les contrôles périodiques et le programme d’encadrement sont à votre charge. À titre indicatif, comptez environ 3.600 à 4.000 euros pour un programme d’éthylotest antidémarrage, comprenant notamment l’installation (environ 1.000 à 1.500 euros) et la location mensuelle (environ 100 à 150 euros). Si la mesure dure plus longtemps, la location continue de s’additionner.

En contrepartie, il existe une compensation importante : le juge peut réduire l’amende à concurrence des frais de l’éthylotest antidémarrage et du programme d’encadrement, sans qu’elle puisse descendre sous un euro (article 37/1, § 3). Ce n’est pas automatique : il faut le demander, estimation des frais à l’appui. Votre capacité contributive est elle aussi prise en compte pour fixer l’amende (article 52, § 2, du Code pénal).

Éthylotest antidémarrage ou interdiction de conduire ?

Pour celui qui dépend de sa voiture pour son travail, un éthylotest antidémarrage est souvent plus supportable qu’une longue interdiction de conduire effective (déchéance du droit de conduire) : vous continuez à conduire. Il faut toutefois mettre en balance le coût et l’accompagnement obligatoire.

Mieux vaut faire cet arbitrage avant l’audience, car il détermine la peine que vous proposez vous-même au tribunal. Dans de nombreux dossiers, la position la plus solide n’est pas « pas d’éthylotest antidémarrage », mais une proposition clairement étayée : une durée limitée, combinée à une réduction de l’amende et à l’exclusion d’une catégorie de véhicules. Le fonctionnement de l’interdiction de conduire elle-même est expliqué dans notre article sur la déchéance du droit de conduire.

L’éthylotest antidémarrage peut-il être limité à certains véhicules ?

Oui. Le juge peut, moyennant motivation, désigner une ou plusieurs catégories de véhicules auxquelles la limitation ne s’applique pas (article 37/1, § 2). La limitation doit toutefois toujours viser au moins la catégorie de véhicule avec laquelle les faits ont été commis. Pour les chauffeurs professionnels, c’est parfois la solution qui sauve leur emploi.

Et si je ne fais pas installer l’appareil ?

Dans ce cas, vous ne pouvez pas conduire. Celui qui conduit malgré tout un véhicule sans l’éthylotest antidémarrage imposé commet une infraction distincte (article 37/1, § 4, de la loi relative à la police de la circulation routière). Il en va de même pour celui qui, en tant que conducteur, ne respecte pas les conditions du programme d’encadrement. Pour les faits commis à partir du 1er septembre 2026, il s’agit d’une infraction de niveau 2 du nouveau Code pénal, assortie d’une amende de 5.000 à 20.000 euros (décimes additionnels compris). Le juge doit en outre prononcer une nouvelle déchéance du droit de conduire, d’une durée au moins égale à la période de limitation de votre permis.

Le niveau 2 permet notamment une peine d’emprisonnement de six mois à trois ans ou une peine de travail. Pour les faits antérieurs au 1er septembre 2026, la peine alors en vigueur reste applicable, sauf si le nouveau régime est plus favorable (article 2 du Code pénal).

Que risquez-vous en plus de l’éthylotest antidémarrage ?

L’éthylotest antidémarrage s’ajoute à la peine prévue pour l’infraction d’alcool elle-même. Pour les faits commis à partir du 1er septembre 2026, les règles suivantes s’appliquent (décimes additionnels compris) :

  • Imprégnation alcoolique à partir de 0,35 mg/l (article 34, § 2) : niveau 1, avec une amende de 2.000 à 20.000 euros. Une peine d’emprisonnement n’est pas possible à ce niveau.
  • État d’ivresse (article 35) : niveau 1, avec une amende de 2.000 à 20.000 euros et une déchéance obligatoire du droit de conduire d’au moins un mois.
  • Récidive dans les trois ans (article 36) : niveau 2, avec une amende de 4.000 à 50.000 euros. En cas de nouvelle récidive, le niveau 3 peut s’appliquer, avec une amende de 8.000 à 100.000 euros.

Pour les faits plus anciens, l’ancien régime reste d’application : pour l’imprégnation alcoolique, 1.600 à 16.000 euros (faits antérieurs au 1er février 2026) ou 2.000 à 20.000 euros (faits commis entre le 1er février et le 31 août 2026). Pour en savoir plus, lisez notre article sur le nouveau Code pénal et la circulation et notre page alcool au volant : peines et interdiction de conduire.

Nos axes de défense

  • En dessous de 1,8 pour mille, sans récidive : démontrer, motivation à l’appui, pourquoi une interdiction de conduire classique suffit : un incident isolé, un casier judiciaire vierge, le contexte professionnel, un accompagnement déjà suivi.
  • À partir de 1,8 pour mille : fournir au juge la motivation qui lui permet d’y déroger légalement. La loi exige une motivation expresse, pas une impossibilité.
  • Si l’éthylotest antidémarrage est inévitable : limiter la durée au minimum légal, plaider la réduction de l’amende et faire délimiter les catégories de véhicules.
  • Toujours : vérifier d’abord si la mesure elle-même tient la route (appareil, étalonnage, déroulement de l’analyse de l’haleine). Une analyse irrégulière peut perdre sa force probante, et avec elle le fondement d’un éthylotest antidémarrage.

Lorsque le dossier le permet, nous demandons aussi une suspension du prononcé, un sursis ou une peine de travail. Pour en savoir plus : suspension, sursis et peine de travail devant le tribunal de police.

Questions fréquentes

À partir de quel taux l’éthylotest antidémarrage est-il obligatoire ?

En principe à partir de 0,78 mg/l ou de 1,8 pour mille, et en cas de récidive dans les trois ans après une condamnation pour imprégnation alcoolique lorsque l’analyse mesure chaque fois au moins 0,50 mg/l ou 1,2 pour mille. À partir de 0,78 mg/l, le juge ne peut s’en écarter que par une motivation expresse.

Combien de temps dois-je rouler avec un éthylotest antidémarrage ?

Le juge fixe la durée : au moins un an et au plus trois ans, ou à titre définitif. Pendant cette période, vous ne pouvez conduire que des véhicules équipés de l’appareil, sauf dans les catégories exclues.

Qui paie l’éthylotest antidémarrage ?

Vous-même : comptez environ 3.600 à 4.000 euros. Demandez toutefois expressément au juge de réduire l’amende à concurrence de ces frais.

Sources

Novex Advocaten vous assiste

Si votre dossier risque de déboucher sur un éthylotest antidémarrage, prenez contact avant l’audience : les arguments dont le juge a besoin pour s’en écarter doivent être sur la table à ce moment-là. Transmettez-nous la citation et, si vous les avez, les pièces relatives à l’analyse de l’haleine.

Me Mohamed Asfour plaide devant les tribunaux de police de Bruxelles, Hal, Vilvorde, Louvain et Alost. Pour en savoir plus sur notre approche, consultez la page avocat alcool au volant.

Appelez le 0484 99 22 72 ou écrivez à asfour@novexadvocaten.be.

Rédigé par Me Mohamed Asfour, avocat à Bruxelles (Novex Advocaten). Dernière mise à jour : 3 octobre 2026. En savoir plus sur le cabinet